Crois-tu qu'un jour, je pourrai m'asseoir à tes côtés et plonger mes yeux dans les tiens sans honte ?
Sans doute.
Crois-tu que les mots qu'on se jettera ressembleront un peu plus à de l'amour ?
Est-ce une erreur de croire un peu plus fort au bonheur sans savoir si on y a droit ?
Je me suis trop illusionée ?
C'est étrange, je n'aurais pas cru que l'excès existait, quand on parlait de sentiments.
Je crois que dans mon ciel, les nuages prennent un peu trop de place,
mais derrière, derrière le soleil est encore là.
Pour moi, pour les autres, peut-être aussi pour toi.
Les feuilles tremblent, et je tremble avec elles.
Que me reste-t-il d'autre ?
Il y a tes promesses et mes larmes qui brillent à l'unisson, sans se tenir la main.
Nos éclats de rire s'éloignent une dernière fois, et puis se taisent. Réduits à néant.
Mais ont-ils déjà eu une consistance ? Si silencieux. Murmurés dans un coin de vi(d)e.
La clarté me parait obscure, et pourtant.
Que reste-t-il comme témoin de notre existence ?
Un vieux tas de poussière anéantie dans un coin sombre, et puis ? Et puis, c'est tout.
Une virgule éternelle qu'un point assome.
Une histoire sans fin, puisque je suis la seule à oser sortir mon crayon
et gribouiller des rêves qui ne tiennent à rien.
A un fil, tout au plus.
Tu sors tes ciseaux, et tu le brises, et tu me brises avec.
Et puis tu recommences. Sans pitié.
Est-ce que c'est ça la vie ?
Un film que l'on repasse des centaines, des miliers de fois, sans se lasser.
Un vieux film usé, sali, souillé. Piétiné de tes propres pieds sales.
Tu ne la vois pas ?
L'emprunte de ta semelle sur mon coeur terni par nos vieux rêves trop lourds.
Ta trace toujours présente, à l'imparfait, comme une douleur que l'on essaye de cacher,
comme une preuve de bonheur, perdu.
Tu ne l'as pas vu ? La différence.
Passé, présent, futur, des mots qui n'ont plus leur place se perdent dans les aléas de mon existence.
Les sentiments s'emmêlent autour de mon cou. Un bijou ? J'y croyais.
On aurait pu. Et, non, au final, toi seul aurais pu.
Lire entre les lignes de mon amour,
découvrir ce que mes yeux cherchaient à te dire,
comprendre ce qu'on aurait pu devenir.
Moi je te suivais, des yeux, des larmes et du coeur,
j'étais juste derrière à poursuivre l'espoir.
Et ramasser les restes de mots que tu balançais derrière toi.
Oubliant à chaque fois qu'ils m'arrivaient comme une bombe, et détruisaient tout.
Pourquoi t'entêtais-tu à m'étouffer dans la distance ?
Minable, je suis minable. Mais, c'est sans importance. Puisque je t'aime.
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